« L’état d’urgence est devenu la NOUVELLE NORMALITÉ »

« L’état d’urgence est devenu la NOUVELLE NORMALITÉ »

Cela fera bientôt un an que nos vies ont changé de manière significative. Garder ses distances, se saluer sans se toucher, se laver souvent les mains : ces mesures sont depuis longtemps devenues de nouvelles habitudes. Nous nous adaptons et trouvons notre chemin dans une nouvelle normalité : en tant que société, en tant qu’entreprise et en tant qu’individus. Qu’est-ce que la « nouvelle normalité » signifie pour des entreprises et quelles sont les opportunités offertes par ce développement ? David Macherel, Managing Director Key Accounts, fournit des informations.

David Macherel, êtes-vous fatigué du coronavirus ?

Je ne dirais pas fatigué, mais certains aspects sont exigeants, par exemple le flot d’informations – surtout de sources non qualifiées. Vérifier et classer correctement les nouvelles et faire la distinction entre les théories et les faits confirmés rend la consommation des médias plus ardue dans cette monothématique perçue.

Pourquoi parlons-nous d’une NOUVELLE NORMALITÉ et non plus de la crise du coronavirus ?

Parce que nous avons connu la crise au cours du premier semestre. Le développement de la pandémie mondiale nous a arrachés à notre vie quotidienne. Mais nous avons appris à nous adapter aux nouvelles circonstances. Peut-être avions-nous aussi l’espoir que le virus ne nous accompagnerait pas dans une telle intensité jusqu’à la fin de l’année. Aujourd’hui, c’est la désillusion. Nous devons trouver un moyen de vivre avec le virus. L’état d’urgence est devenu permanent. Par conséquent, nous parlons aujourd’hui d’un nouvel état de normalité.

Cela semble sinistre...

Pas nécessairement ! La crise a, entre autres, fait progresser la numérisation à tous les niveaux. On le constate au niveau du gouvernement, où, par exemple, la campagne de l’OFSP a également mis un fort accent sur le numérique. Au niveau de l’entreprise aussi, beaucoup de domaines ont soudain basculé vers le numérique plus rapidement. Les discussions avec les clients se font de plus en plus en ligne. Et nous l’observons aussi dans la sphère privée. Je connais des grands-parents qui savent maintenant comment fonctionne la vidéotéléphonie.

Qu'est-ce que ISS a tiré de la période de crise dans cette nouvelle normalité ?

Premièrement, nous savons que le besoin d’hygiène a évolué de façon permanente. Cela se traduit, entre autres, par le fait que nous avons maintenant inclus des services spéciaux fournis pendant la crise – tels que le déploiement des Hygiene Stewards – en tant que prestation standard dans les contrats avec certains clients. Deuxièmement, la crise a encore renforcé notre capacité d’innovation. Nous avons montré que nous pouvons nous adapter aux évolutions et proposer rapidement de nouvelles solutions aux clients.

La nouvelle normalité change également le travail à la réception.

Dans les médias, on peut lire que de grandes entreprises veulent réduire leur espace. Sentez-vous cette tendance chez vos clients également ?

Seulement chez une petite partie. Nous entendons plutôt que les clients veulent convertir leurs espaces. De nombreux collaborateurs ont prouvé pendant la crise que le télétravail est une solution efficace. Par conséquent, les employeurs intègrent de plus en plus le télétravail dans leur quotidien professionnel. Cela signifie notamment que tout le monde ne se présente plus au bureau tous les jours et n’a donc plus besoin d’un poste de travail distinct tous les jours. Le travail de concentration s’effectue plus aisément seul à la maison, alors que l’on préfère se réunir pour des séances de brainstorming. Les exigences sur le lieu de travail évoluent en conséquence. Néanmoins, un échange doit être possible. Cela signifie que de nouveaux concepts d’espace et d’utilisation doivent être créés.

Les bureaux ne vont donc pas disparaître ?

En aucun cas ! Le sentiment d’appartenance à l’équipe, la communication de la culture d’entreprise ou l’entretien des relations avec les clients ne peuvent pas être créés avec succès exclusivement sur des canaux virtuels et numériques. Pour cela, nous devons disposer de salles et de zones de rencontre adaptées aux nouveaux besoins. C’est exactement le sujet dont nous discutons actuellement avec nos clients. Nous les conseillons sur la manière dont ils peuvent convertir leurs espaces afin d’offrir à leurs collaborateurs une nouvelle expérience qui créera un sentiment de sécurité et de bien-être.

Comment ce changement affecte-t-il le travail chez ISS ?

En résumé, il l’affecte à bien des égards. La nouvelle utilisation des espaces crée de nouvelles demandes de services. Le nettoyage doit devenir plus visible, de sorte que l’accent mis sur l’hygiène soit crédible et puisse être ressenti. Nous créons également de nouveaux rôles. Prenons l’exemple des Wellbeing Assistants, qui aident les utilisateurs du bâtiment à s’habituer aux nouvelles mesures dans le bâtiment et à s’y retrouver. Enfin, l’estime dont jouissent nos collaboratrices et collaborateurs est plus élevée qu’avant la crise. Nous trouvons parfois dans le bâtiment de petites notes adhésives sur lesquelles les collaborateurs de nos clients nous remercient pour notre excellent travail. Cette estime montre le travail important que nous accomplissons.

Depuis juillet 2020, David Macherel dirige la division Key Accounts, qui compte 2'500 collaboratrices et collaborateurs. Il est membre de la Direction d'ISS Suisse. Auparavant, il a été Account Director pendant cinq ans, s'occupant de l'un des trois plus gros clients d'ISS en Suisse. Né à Fribourg, il est titulaire d'un Master of Science in Management Technology and Economics de l'École polytechnique fédérale de Zurich et d'un Diploma of Advanced Studies in Banking du Swiss Finance Institute, Zurich